Focus sur l’oral avec la phonétique

De Pimsleur à la Mimic Method

Depuis quelques semaines, depuis que j’ai découvert la méthode Pimsleur, je fais une fixation sur l’oral. Comme je l’ai expliqué dans un autre article, la méthode Pimsleur se concentre sur l’écoute et la prononciation. Mais vu les prix plutôt élevés de cette méthode, j’ai voulu glaner des infos par moi-même. Et aussi, en creusant soi-même, je trouve qu’on solidifie notre apprentissage.

Je suis tombé presque par hasard sur la “Mimic Method” d’Idahosa Ness. Je dis presque car je connaissais déjà l’homme et j’avais déjà survolé très rapidement son blog. Mais cette fois, je me suis un peu plus attardé sur sa méthode et, sans l’avoir testée en mode “premium”, j’en ai appris un peu plus sur l’apprentissage par l’oral.

Idahosa s’intéresse à la phonétique. Avant de visiter son blog, j’avais déjà entendu parler de l’étude de la phonétique pour apprendre une langue mais ça ne me tentait pas plus que ça… Tous ces symboles n’étaient pas très attrayants. Mais après avoir l’avoir écouté en suivant quelques unes de ses vidéos, j’ai accepté de me pencher sur ce fameux alphabet phonétique. D’ailleurs, je n’exclus pas de m’inscrire à un cours de la Mimic Method d’Idahosa Ness dans un futur proche… Mais pas seulement!

Comme j’expliquais dans un précédent article, le fait de mélanger trop de méthodes et de ressources peut être contre-productif. Cela dit, je pense qu’on peut très bien combiner celles-ci en série, plutôt qu’en parallèle. C’est-à-dire les unes à la suite des autres dans le temps, plutôt que de tout faire en même temps et de finir par abandonner.

 

L’utilisation de la phonétique

Cette approche ne me branchait pas trop. Ça avait l’air trop théorique. En plus, les conseils de certaines polyglottes reconnus conseillant d’utiliser la phonétique me faisaient un peu peur. Je ne me voyais pas étudier la prononciation de chaque symbole et refaire un saut dans le passé, sur les bancs de l’école.

Etudier pour étudier, pas envie. Donc je ne comprenais pas ce conseil récurrent d’avoir recours la l’API (Alphabet Phonétique International).

En écoutant quelques conseils d’Idahosa via ses vidéos et son blog, j’ai compris qu’on pouvait faire de la phonétique notre amie. Bon certes, ça reste très théorique en apparence. Mais quand on est passionné, le moteur redémarre rapidement! L’idée est de rechercher dans l’API les consonnes et les voyelles utilisées dans la langue que l’on désire apprendre. Une fois que c’est fait, on les compare avec la phonétique de notre propre langue maternelle.

 

Voyelles

Tableau des voyelles de l'API.
Tableau des voyelles de l’API.

Le schéma ci-dessus représente l’ensemble des voyelles. Ça paraît un peu abstrait comme ça. En fait, chaque symbole correspond à une prononciation différente. Pour déchiffrer ce tableau, on va s’aider de notre propre bouche. Plus la voyelle est haute dans le tableau, plus la bouche est fermée. Plus la voyelle se rapproche de l’extrême gauche, plus la langue s’approche des dents. Et vice-versa.

Par exemple : dans le coin supérieur gauche , on a le “i” et le “y” qui sont utilisés en français. (Le symbole phonétique “y” correspond à notre “u” français.)  Allez-y, dites “iiiii” ou “uuuu”. Où se trouve votre langue? Normalement, dans la partie antérieure de la bouche. Et comment est votre bouche? Logiquement, fermée. A peu de choses près, quoi. Car en ouvrant la bouche en disant “iii”, vous allez passer par un “ééé” et ensuite par “èèè” pour terminer par “aaa”. En gros, c’est ce que ce tableau représente.

Et si on va vers la droite, à l’extrême on trouve le symbole “u” qui correspond à notre son “ou”. Oùùù se trouve votre langue dans ce cas? Oui, dans la partie arrière de la bouche et celle-ci est quasiment fermée.

Voilà, vous avez compris l’idée.

Donc, pour revenir à ce que je disais un peu plus haut, notre objectif est de comparer les voyelles de notre langue cible avec celles de notre langue maternelle. Ce qu’on va rechercher, c’est de trouver la bonne prononciation en “jouant” avec la position de la langue dans la bouche. Et le fait de comparer avec nos voyelles françaises connues (si vous êtes francophone! mais si vous lisez ceci, je suppose que c’est le cas) va nous servir de point de départ.  Par exemple, si on cherche à prononcer le son  “ɪ” qui est utilisé notamment en anglais et pas en français (à part au Québec), on remarquera que notre “i” en est proche. le son “ɪ” étant très légèrement plus bas et plus “à droite” que le “i”, on va donc très légèrement ouvrir la bouche et reculer la langue. On obtiendra un son qui se situe entre notre “i” et notre “é”.

 

Consonnes

Pour les consonnes, c’est un peu plus compliqué. Enfin non, pas compliqué mais un peu plus fourni. Comme je suis en plein apprentissage du chinois (mandarin), je vais vous montrer le tableau qui reprend les consonnes dans la phonétique du mandarin.

consonnes du mandarin
Les consonnes dans la phonétique du mandarin. (Source : Wikipédia)

La prononciation des consonnes est plus complexe que celle des voyelles. Mais chaque symbole a son explication plus ou moins facile à comprendre pour un francophone. Je ne vais pas m’attarder ici sur la signification de chaque mode d’articulation, car Wikipédia le fait mieux que moi! Vous pouvez visiter la page wiki de l’API pour en savoir plus.

Pour mettre en pratique, on procède de la même manière que pour les voyelles. Mais cette fois, on ne se contente pas de déplacer la langue. Il faudra faire attention à beaucoup plus de caractéristiques. Cela dit, le principe est le même. 🙂 Prendre un point d’ancrage dans notre langue maternelle, et migrer vers la langue cible!

consonnes
L’ensemble des consonnes! (Source : Wikipédia)

 

Combiner les méthodes

Pour revenir à ce que je disais dans l’introduction de cet article, je pense qu’on peut combiner les méthodes les unes à la suite des autres dans le temps, plutôt que de tout faire en même temps et de finir par abandonner.

Par exemple, pour ma part, je penserai à aborder une future nouvelle langue d’une manière différente. Pour le moment, je suis dans le mandarin et je suis encore assez débutant pour adapter ma façon de faire. En m’intéressant de plus près à la phonétique du mandarin, je ne m’oblige pas à apprendre ces tableaux indigestes de voyelles et de consonnes, mais uniquement celles dont j’ai besoin en chinois. Une fois que je me suis familiarisé avec ces sons, je m’attaque à une méthode purement orale pour m’habituer aux mots et aux phrases dans leur ensemble.

Ensuite, une fois que je serai habitué à la compréhension orale, j’aborderai ce qui est visuel. L’écriture et la lecture. Car je trouve que, du moins pour certaines langues, la lecture peut fausser notre prononciation. On a tendance à ne faire confiance qu’à ce qu’on voit, mais cela peut nous causer du tort! D’où l’accent pourri qu’on peut avoir en parlant une langue étrangère. 🙂

 

Conclusion

En gros, il faut s’imaginer de retour en enfance. Un bébé qui ne parle pas encore, commence par reproduire des sons. Avec le temps, il combine ces sons pour en faire des mots. Ou ce qui ressemble à des mots. Mais dans tous les cas, ce que fait un enfant qui apprend à parler, c’est imiter l’adulte! Et il apprendre seulement plusieurs années plus tard à lire et à écrire! C’est là où je voulais en venir. Pour apprendre une langue, je pense qu’il faut redevenir un enfant. Réapprendre les sons et débrider son oreille, c’est encore possible toute notre vie! C’est une question d’habitude. Mais avec des connaissance d’adultes en plus.

Je pense donc qu’on peut apprendre une nouvelle langue avec l’efficacité d’un enfant et la vitesse d’un adulte. A condition de s’en donner les moyens, bien sûr.

Je n’ai pas encore mis en pratique cette nouvelle façon de voir les choses. (Je veux dire par là que c’est nouveau pour moi). Mais je compte bien perfectionner tout ça avec le temps, et partager mes découvertes car c’est bien l’objectif premier de ce blog!

N’hésitez pas à donner votre avis et partager vos expériences dans les commentaires!

 

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